L’hyperactivité chez le chien est définie par les comportementalistes français et suisses comme un trouble du développement accompagné d’une impossibilité d’arrêter soi-même une action commencée. D’autres symptômes, tels une exploration désordonnée, une hypersensibilité et une intolérance à la frustration sont décrits. 

Les chiens ont souvent un mauvais contrôle de la morsure, contrôle qui doit normalement être parfait –au sens propre du terme- vers six semaines, ne dorment pas de la journée et sont propres très tard.

Ari a dix mois lorsqu’il est présenté. Il s’agit d’un Golden Retriever d’une belle allure qui ne reste pas assis dix secondes d’affilée.

Au début cette attitude plaisait bien à ses propriétaires, ce chiot adorable jouait sans interruption avant de tomber raide, mort de fatigue. Il dormait alors quelques heures avant de recommencer à tourbillonner. Il mangeait tout ce qui lui tombait sous la patte et ne se gênait pas pour en faire profiter toutes les pièces de l’appartement, dès que son attention était détournée. Lors de grande soif, la salle à manger se transformait régulièrement en piscine et Madame passait des heures la serpillère en main.

Avec le temps, Ari grandit et prit du poids et continuait à sauter sur les personnes et à lécher les enfants à sa hauteur. Il tirait tant sur la laisse que Madame du se l’attacher autour de la taille, pour ménager son bras.

Dans l’appartement rien n’était à l’abri du chien tumultueux, surtout quand les propriétaires s’offraient quelques heures de détente à l’extérieur sans Ari. La première fois ils ne purent cacher leur surprise lorsqu’ils rentrèrent et découvrirent un chantier. Ari avait déplacé les meubles, tiré sur les rideaux, grignoté les tapis et les chaussures et même décroché un tableau. Pourtant son écuelle était pleine et ses jouets étaient étalés un peu partout.

Entre temps Madame ne promène Ari que rapidement de peur d’attirer l’attention du voisinage. 

Au cabinet Ari halète en continuation et tourne en rond dans la pièce. Ce n’est qu’après trois quart d’heures qu’il se décide à se coucher. 

Les réponses aux questions posées révèlent un détail important. Ari vient d’un élevage à la campagne et sa mère avait eu dix petits. Elle était assez surmenée. En effet dix chiots sont normalement trop de travail pour une lice seule et il est favorable de la faire aider d’une deuxième chienne, sans quoi les petits risquent de ne pas être éduqués correctement.

Il semble clair qu’Ari n’a pas appris à s’arrêter. Et ceci concernant chaque action. Il ne sait pas qu’après un certain temps il faut se calmer et doser son énergie. C’est pourquoi il joue jusqu’à l’épuisement.

Probablement sa mère n’a pas pu contrôler et éduquer tous ses chiots lors des jeux. Car c’est bien lors du jeu que les petits de toute espèce confondue apprennent comment se comporter à l’âge adulte. Si ces informations ne sont pas bien ancrées dans le cerveau à l’âge de seize semaines, il devient difficile, mais pas impossible, de le faire.

Ari reçoit un psychotrope afin de devenir plus réceptif. Ses propriétaires devront néanmoins se doter de patience, l’éducation à parfaire devra être répétée le plus souvent possible. Ce seront surtout les exercices de jeu qui aideront le chien à apprendre à s’arrêter. Le psychotrope, un antidépresseur pour humains, permettra un travail plus facile, sans crise de nerfs pour les propriétaires et punitions inutiles pour Ari.

En effet, en voulant s’en priver les humains peuvent perdre patience, sont déçus et se voient même parfois dans l’obligation d’euthanasier leur animal, lorsque celui-ci devient par exemple agressif dans son impulsivité.

Trois semaines plus tard Ari est plus obéissant, il s’assied et regarde Madame plus que dix secondes sans bouger, ce qui était impensable auparavant. Il répond mieux au rappel et tire moins sur la laisse.

Monsieur et Madame savent qu’ils ont encore beaucoup à faire, et que ce qui n’est pas appris avant seize semaines doit être répété très souvent pour être bien enregistré, mais ils sont confiants car ils sont extrêmement conséquents et persévérants. De plus les progrès d’Ari sont constants et il promet de devenir un chien très convenable.

Le psychotrope sera arrêté dès que le comportement d’Ari convient aux propriétaires.


©Dr. med. vet. Dounya Reiwald

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