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Le bateau est toujours plein

 

Le petit terrier avec son oreille noire regarde terrifié autour de lui. Depuis des jours cela pète de tous les cotés, et ses oreilles n'en peuvent plus. Sa maîtresse a disparu! Il la cherche depuis des heures et soudain la découvre gisant dans une flaque de liquide rouge. Elle ne bouge pas quand il lui lèche la joue. Elle ne bougera plus. Il ne trouve pas cela drôle, alors que les bombardements continuent, mais que faire?

Il regarde encore autour de lui et voit une masse de gens se diriger vers le port, il regarde une dernière fois sa maîtresse, puis se jète dans la masse. Tous courrent, se bousculent et hurlent, il a très peur, le terrier à l'oreille noire, mais il courre avec la masse et s'éloigne des bombes. Soudain il découvre un congénère un peu plus loin et galoppe jusqu'à lui. Mais celui-ci se met à grogner et notre terrier préfère se tenir à carreau. 

Bientôt les bateaux sont visibles, le chien ne les aiment pas trop, ils se balancent et l'on se sent mal, mais ses pensées sont ailleurs, il ne veut que quitter ce bruit effarant. le anderen scheinbar auch, dieser Knallerei entkommen.

La foule se densifie et bientôt le petit terrier ne voit plus que des jambes qui se bousculent. Il doit faire très attention de ne pas se faire écraser. Les gens semblent hystériques et lui font peur, mais il ne peut plus retourner en arrière, la foule l'entraîne. 

Un peu plus tard il entend le bruit du moteur et le bateau se met en marche. Le petit chien es coincé entre les jambes, certaines personnes s'assoient par terre et le regardent étonnés. Un homme le prend soudain par le collier et veut le balancer par dessus bord. Il pleure très fort et une femme se met à crier, le tire sur le bateau alors qu'il allait se noyer et donne une gifle au monsieur qui grogne quelque chose d'incompréhensible.  

 Il reste haletant près de la dame, regarde autour de soi poru s'assurer que personne n'ose plus le toucher. Zut, il a eu trop peur! La dame mange du pain et du fromage qu'elle sort d'un sac. Il la regarde sans rien dire. Il est fatigué, et bientôt il n'entend plus que les vagues, les hommes qui parlent et la dame qui mastique.

Losqu'il se réveille il git par terre et une tempête s'est levée. La dame a disparu, les gens sont couchés sur le bois trempé des vagues et le vent furieux lui fait voler les oreilles. Il a du mal à tenir sur ses pattes et tombe à la renverse.

Lorsqu'il se réveille la nuit est tombée et le bateau voque tranquillement. Il entend des voix: "Il ne nous appartient pas, a surement la rage, vaut mieux l'éliminer de suite..." La dame du bateau est assise dans un coin et pleure. „Soit ils remontent les deux sur le bateau ou j'euthanasie le chien de suite, dis lui!“ La dame se met à gesticuler et à parler très fort. L'homme vient vers lui avec une grosse seringue. Pas deux fois il se fait dire de se tenir tranquille, il connaît la musique, les seringues, il déteste, alors il se met à claquer des dents et l'homme prend peur. La dame le prend dans les bras et se met à courir jusqu'à la porte, dans la rue déserte du petit matin

Le lendemain sont assis sur la Piazza dei quattro Mori à Livorno dans l'entrée d'un immeuble une femme d'âge avancé et un petit terrier avec une oreille noire. Sur un carton sale on peut lire: „C'est pas de notre faute si on est là, vous soutenez votre économie déjà assez riche et chez nous c'est la guerre. Donnez nous quelque monnaie, svp.“

Le petit terrier aboit joyeusement à chaque fois qu'une monnaie tombe dans la longue robe de la dame.

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